HISTORIQUE DE MOSTAGANEM

Il serait vain de chercher dans les livres arabes l’étymologie de « MUSTAGHANIM », aucun historien ou géographe arabe ne fait connaître d’une manière précise le sens ou les raisons de cette appellation. Par contre, plusieurs essais d’explication sont diversement conservés chez les populations locales.

MUSTAGHANIM serait composé de deux termes distincts :

  •  MACHTA (station hivernale) et GHANEM (riche éleveur de moutons).
  •  MOSTAGANEM : MARSA RANEM c’est à dire le port du butin
  •  MOSTAGANEM : viendrait le MISK EL GHANEM c’est à dire abondance de troupeaux.

Enfin pour quelques historiens de l’antiquité c’est plutôt un port Romain « MURUSTAGA » que Mostaganem doit son étymologie.

La côte de Ténès à Arzew était bien connue des Phéniciens qui y avaient établi des comptoirs : Petit Port et Ouillis dans le Dahra et Kharrouba près de Mostaganem.

            La ville aurait été fondée au Moyen Age, certains attribuent sa fondation aux ALMORAVIDES qui, durant le XIème siècle, en furent les maîtres.

Vers 1082, Yousef IBN TECHFINE, le fondateur de la dynastie ALMORAVIDE se serait contenté de construire un «BORDJ» sur une colline au nord de l’actuelle agglomération.

           On attribue la construction de la grande mosquée de Mostaganem en l’an 1341 au Sultan mérinide ABOU EL HASSANE ALI IBN ABI SAID.

         Les entreprises espagnoles dans le Maghreb central et oriental avaient commencé de 1505, date à laquelle le Cardinal XIMENES sous le règne des rois catholiques fit occuper MERS EL KEBIR.

         Les souverains de Tlemcen et Tunis affaiblis par les guerres et les luttes intestines se montrèrent incapables de relever le défit espagnol.

         Le 26 mai 1511, Mostaganem ouvrit ses portes à l’ennemi en signant avec lui une capitulation.

            La période Turque de l’Histoire du Maghreb commença à la suite de l’action espagnole contre les principaux ports nord-africains. Mostaganem située entre Oran et Alger fut une des principales causes de la rivalité meurtrière entre les Espagnols et les Turcs.

         Mostaganem, clé du pays, était à cette époque une ville défendue par de bonnes murailles et par une citadelle qui dominait sa partie la plus élevée. Les combats les plus violents se déroulèrent à Mazagran le 23 août 1550 par mer et par terre. Les Espagnols étaient de toutes parts sous les feux.

          Le comte d’ALCONDETE fut mortellement blessé. Après la défaite, les Espagnols reconquirent Mostaganem. La véritable importance de Mostaganem semble être due à l’établissement d’un grand nombre de familles andalouses attirées par la fertilité du sol. Elles fondèrent alors des exploitations agricoles qui furent la renommée de la région. Grâce à cette population active et nombreuse, la région se couvrit de magnifiques villages.

          Vers 1580, la ville était opulente et vivait dans le luxe, les impôts payés aux Turcs d’Alger en sont la preuve.

          Les Arabes et plus tard les Turcs ont crée de nombreux centres tels que KALAA BENI RACHED, Mazouna qui disputèrent à Mostaganem son rôle de métropole.

              La région de Mostaganem a donné de grands noms à l’Histoire, citons pour mémoire : les écrivains poètes Sidi Benaouda, Sidi Lakhdar Benkhlouf, Cheikh El Mazouni, Cheikh Bouras, et tant d’autres.

          Durant les années qui ont précédé l’invasion Française, Mostaganem demeurait toujours une grande ville de l’Ouest, plus grande  qu’Oran, elle était la deuxième après Tlemcen. Tigditt, Matmore et Mazagran se regroupèrent autour de la ville principale, elles renfermaient neufs (09) mosquées. La justice était rendue par deux Cadis, l’un Turc de rite Hanafite et l’autre arabe de rite Malékite, leurs jugements n’avaient d’appel que devant le BEY d’Oran.

          Il est à noter qu’Oran libérée définitivement de l’occupation espagnole en 1792, redevint le siège du BEYLEK de l’Ouest. Certains habitants de Mostaganem furent transplantés dans cette capitale pour la repeupler de nouveau.

             Le magistrat turc était en partie chargé de recueillir les impôts qui se composaient de rentes versées par les propriétaires pour l’entretien des lieux saints de l’islam. Les Turcs et les Koulouglis occupaient la ville proprement dite située sur la rive gauche de Ain Sefra.

              C’était le quartier réservé aux commandes Beylikales et à l’aristocratie locale et le mur d’enceinte était percé de cinq portes : la porte d’ECh-Chlef au Nord, la porte de Medjaher à l’Est, la porte de Mascara au Sud. La porte d’Arzew et celle de la marine à l’Ouest.

          Mostaganem fut occupée en juillet 1833 par DESMICHEL après une vive résistance dirigée par l’Émir Abdelkader en personne. Après le traité du 26 Février 1834, un consul de l’Émir  fut agrée pour résider dans la ville, l’arrêté du 08 décembre 1835 y constituait un BEY de l’autorité Française et le traité de la Tafna en mai 1837 le conserva à la France. La convention de la Tafna du 20 mai 1837 n’avait fait taire que momentanément les armes.

          Mostaganem n’a cessé d’opposer une résistance farouche à l’occupation française illustrée par la bataille de Mazagran en février 1840.

La région de Mostaganem a participé à sa façon aux manifestations du 08 mai 1945 où l’on a noté l’arrestation de 45 nationalistes dont le martyr Bendehiba Benayad.

          Le déclenchement de la révolution du 1er Novembre 1954 a été marqué par une série d’attentats dans la région de Mostaganem. Ben Abdelmalek RAMDANE qui est tombé au champ d’honneur les premiers jours du déclenchement de la guerre de libération en nationaliste de première heure, a participé activement à l’organisation et au déclenchement de la révolution armée dans la wilaya de Mostaganem et a eu pour adjoint le martyr BORDJI AMAR.

          Durant la guerre de libération, la wilaya a connu plus de 90 batailles dont 71 uniquement pour la période allant de 1956 à 1958. Parmi ces batailles, on peut citer la bataille de DJEBEL DISS, celle de DJEBEL BOUHANI en 1957 et également celle  de MEZAINIA en 1958.

             A côté de ces batailles, ont eu lieu quotidiennement des réactions de FIDA à l’intérieur même de la ville de Mostaganem où la capacité d’organisation et de mobilisation de la révolution a été démontrée avec éclat lors de la grève des 7 jours en janvier 1957.

Ces hauts faits de guerre durèrent jusqu’au recouvrement de l’Indépendance le 5 juillet 1962.

              Ainsi donc, à travers son histoire, Mostaganem a toujours opposé une résistance farouche à toute occupation soit romaine, espagnole ou française.